La canción de Prévert | Serge Gainsbourg

Extraído de L’Étonnant Serge Gainsbourg (1961), Serge Gainsbourg | Traducción de Juan Arabia, Buenos Aires Poetry, 2020.

La canción de Prévert

Me gustaría tanto que recordaras
Esta canción era la tuya
Era tu preferida
Creo que es de Prévert y Kosma

Y cada vez que las hojas muertas
Te traen a mi recuerdo
Día tras día los amores muertos
No terminan de morir

A otras me entrego, por supuesto,
Pero su melodía es monótona
Y poco a poco me resulta indiferente
Contra esto no hay nada que hacer

Nunca podremos saber dónde comienza
Y cuando termina la indiferencia
Pasa el otoño y llega el invierno
Así como la canción de Prévert

Esta canción, las hojas muertas
Desaparecen de mi recuerdo
Y ese día mis amores muertos
Habrán terminado de morir

Y ese día, mis amores muertos
Habrán terminado de morir…

La chanson de Prévert

Oh je voudrais tant que tu te souviennes
Cette chanson était la tienne
C’était ta préférée, je crois
Qu’elle est de Prévert et Kosma

Et chaque fois les feuilles mortes
Te rappellent à mon souvenir
Jour après jour les amours mortes
N’en finissent pas de mourir

Avec d’autres bien sur, je m’abandonne
Mais leur chanson est monotone
Et peu à peu je m’indiffère
À cela il n’est rien à faire

Car chaque fois, les feuilles mortes
Te rappellent à mon souvenir
Jour après jour les amours mortes
N’en finissent pas de mourir

Peut on jamais savoir par où commence
Et quand finit l’indifférence
Passe l’automne vienne l’hiver
Et que la chanson de Prévert

Cette chanson, les feuilles mortes
S’efface de mon souvenir
Et ce jour là, mes amours mortes
En auront fini de mourir

Et ce jour là, mes amours mortes
En auront fini de mourir…

Extraído de L’Étonnant Serge Gainsbourg (1961), Serge Gainsbourg | Traducción de Juan Arabia, Buenos Aires Poetry, 2020.