El albatros (L’Albatros), de Charles Baudelaire

L’Albatros 

Souvent, pour s’amuser, les hommes d’équipage/ Prennent des albatros, vastes oiseaux des mers,/ Qui suivent, indolents compagnons de voyage,/ Le navire glissant sur les gouffres amers.// À peine les ont-ils déposés sur les planches,/ Que ces rois de l’azur, maladroits et honteux,/ Laissent piteusement leurs grandes ailes blanches/ Comme des avirons traîner à côté d’eux.// Ce voyageur ailé, comme il est gauche et veule!/ Lui, naguère si beau, qu’il est comique et laid!/ L’un agace son bec avec un brûle-gueule,/ L’autre mime, en boitant, l’infirme qui volait!// Le Poète est semblable au prince des nuées/ Qui hante la tempête et se rit de l’archer;/ Exilé sur le sol au milieu des huées,/ Ses ailes de géant l’empêchent de marcher.//

∇ Seconde édition (1861) du recueil Les Fleurs du mal | Traducción de Juan Arabia
 

Colección ABRACADABRA PaperbackColección de Poesía y Traducción de autores clásicos y modernos, como Arthur Rimbaud, Ezra Pound, Mina Loy, Guido Cavalcanti, Dan Fante y de Antologías como “Thirties Poets” (Auden, MacNeice, Spender y Day-Lewis) y Poesía Beat, entre otros.

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